Champions : l’histoire vraie derrière le scandale aux JO paralympiques de Sydney en 2000

December 2, 2019 0 By JohnValbyNation

En salle ce mercredi, “Champions” relate l’histoire d’un coach ayant en charge l’équipe de basket espagnole de sport adapté, composée de déficients mentaux. Un film qui fait écho au scandale qui a secoué les JO paralympiques de Sydney en 2000. Récit.

Marco occupe le prestigieux poste d’entraîneur-adjoint de l’équipe d’Espagne de basket. Mais son mauvais caractère lui pose problème. Après une série de déconvenues dont il est le seul responsable, Marco se retrouve à devoir coacher une équipe de déficients mentaux… Tel est le synopsis du très savoureux film espagnol Champions, signé par Javier Fesser, en salle ce mercredi.

Ci-dessous, la bande-annonce du film…

Champions Bande-annonce VF

Un film à classer au rayon des comédies donc, si ce n’est qu’il est inspiré par un scandale absolu et bien réel, survenu aux Jeux Paralympiques de Sydney en 2000. Cette année là, l’équipe de basket espagnole de sport adapté (pratiqué par les personnes atteintes de déficience intellectuelle) a été condamnée pour avoir fait jouer des faux déficients intellectuels. Une histoire qui a beaucoup marqué le metteur en scène Javier Fesser : “C’est d’ailleurs sûrement une des raisons qui m’a poussé à tourner ce film. J’y ai tout de suite pensé quand j’ai reçu le scénario de Champions. Cela a renforcé ma décision de ne faire le film que s’il était authentique, donc tourné intégralement avec des acteurs réellement handicapés, et non avec des acteurs qui jouent le handicap.”

Faire comme si…

En 2000, à Sydney, l’Espagne avait réalisé les meilleurs Jeux paralympiques de son histoire en terminant troisième du tableau des médailles derrière le pays hôte, l’Australie, et le Royaume-Uni, avec un total de 107 médailles, dont 39 en or. De quoi être légitimement fière de son brillant palmarès. Parmi ces titres paralympiques, il y en a un qui avait particulièrement retenu l’attention : celui obtenu par l’équipe espagnole de basket de déficients mentaux. L’ennui, c’est qu’il n’y avait que deux déficients mentaux dans cette équipe. Tous les autres joueurs étaient totalement valides, et, évidemment, encouragés, entre deux paniers de basket, à faire “comme si”…

Le scandale éclata quelques mois après la fin des Jeux. La mèche fut allumée par Carlos Ribagorda, médaillé de l’équipe en question, mais surtout vrai journaliste infiltré, travaillant pour la version espagnole du magazine orienté business Capital. Ribagorda expliqua ne souffrir d’aucun handicap, et indiqua que de nombreux athlètes de la délégation espagnole n’en avaient pas non plus. Et d’enfoncer le clou : “Des 200 athlètes à Sydney [NDR : aux jeux paralympiques], au moins 15 n’avaient aucun handicap mental ou physique. Ils n’ont même pas passé d’examens”. Et Ribagorda d’enfoncer le clou en expliquant qu’en guise d’examen médical, il n’avait subi qu’un test de pression sanguine après avoir fait six pompes…

Ci-dessous, une vidéo datée de 2008, avec des témoignages d’acteurs-clés revenant sur l’affaire…

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Les déclarations de Ribagorda en novembre 2000, explosives, provoquèrent logiquement un séisme. Outre la démission forcée de Fernando Martin Vicente, président de la Fédération espagnole des sports pour les handicapés intellectuels (Feddi), l’Espagne fut contrainte de restituer les médailles d’or de son équipe de basket. Cette affaire impacta même l’ensemble des équipes du Sport adapté, puisqu’elle a entraîné l’exclusion de tous les déficients intellectuels des Jeux Paralympiques, et cela pendant douze ans jusqu’à leur réintégration à Londres en 2012. Le Comité international paralympique considérait alors qu’il était trop difficile de déterminer le niveau de handicap des athlètes déficients intellectuels.

Ce n’est que treize longues années plus tard que la Justice espagnole a rendu son verdict, le 7 octobre 2013. Sur les 19 personnes accusées dans l’affaire, seul le président de la Fédération espagnole des sports pour les handicapés intellectuels, Fernando Martin Vicente, fut reconnu coupable. Assumant “son entière responsabilité” selon ses propres termes, il a été condamné par la justice à verser une amende de 5.400 euros et à rembourser 142.355 euros de subventions publiques versées par l’Etat pour les athlètes. “Si quelqu’un veut tricher, c’est dur à détecter. C’est facile de faire semblant que tu as peu d’intelligence” avait-il plaidé…